Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent appelées « polluants éternels », ont été détectées dans les sources d'eau, les sols et le sang humain dans pratiquement tous les pays du monde. Ces composés synthétiques, utilisés dans des produits allant des ustensiles de cuisine antiadhésifs aux mousses extincteurs, ne se dégradent pas naturellement dans l'environnement ni dans le corps humain, ce qui pousse scientifiques et responsables de santé publique à qualifier leur propagation d'empoisonnement universel.
Des recherches ont établi un lien entre l'exposition aux PFAS et de graves problèmes de santé, notamment certains cancers, des maladies thyroïdiennes, des perturbations du système immunitaire et des troubles du développement chez les enfants. Ces substances sont si omniprésentes qu'elles ont été retrouvées dans le sang de populations vivant dans des communautés arctiques reculées, loin de toute source industrielle, ainsi que dans l'eau de pluie prélevée aux quatre coins du globe.
Les agences de réglementation aux États-Unis et dans l'Union européenne ont entrepris de resserrer les limites de PFAS dans l'eau potable. L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a finalisé en 2024 des niveaux maximaux de contaminants pour plusieurs composés PFAS dans l'eau potable, établissant pour la première fois des limites contraignantes. L'UE poursuit également des restrictions dans le cadre de sa stratégie chimique, bien que la mise en œuvre complète soit toujours en cours.
Malgré ces mesures réglementaires, les défenseurs de l'environnement avertissent que l'assainissement des sites contaminés prendra des décennies et coûtera des centaines de milliards de dollars. Des milliers de sites industriels, bases militaires et décharges sont des sources connues de pollution aux PFAS, et la technologie permettant d'éliminer ces substances de l'eau à grande échelle reste coûteuse et non universellement disponible. Les scientifiques continuent d'appeler à un traité mondial pour éliminer progressivement les utilisations non essentielles des PFAS.