De mystérieuses tranchées s'étendant sur des kilomètres à travers la plaine de Nullarbor, dans le sud de l'Australie, pourraient être l'expression en surface d'immenses grottes anciennes qui se sont effondrées en profondeur, selon de nouvelles recherches. Les résultats, publiés dans une revue à comité de lecture, offrent une nouvelle explication pour ces dépressions linéaires qui intriguent les scientifiques depuis des décennies.
La plaine de Nullarbor est un vaste plateau calcaire presque dépourvu d'arbres qui s'étend à la frontière entre l'Australie-Méridionale et l'Australie-Occidentale. Elle repose sur d'importants systèmes de grottes, notamment les célèbres grottes de Murrawijinie et les grottes de Nullarbor. Les tranchées, qui peuvent mesurer plusieurs kilomètres de long et des dizaines de mètres de large, étaient auparavant interprétées comme des chenaux fluviaux asséchés ou des caractéristiques tectoniques.
La nouvelle étude a utilisé des images satellitaires à haute résolution et un radar à pénétration de sol pour cartographier les tranchées et les systèmes de grottes sous-jacents. Les chercheurs ont découvert que les tranchées s'alignent sur les passages de grottes connus et que leur morphologie est cohérente avec des dolines d'effondrement — des dépressions formées lorsque le toit d'une grotte s'effondre. L'équipe suggère que les tranchées sont les vestiges de systèmes de grottes anciens qui se sont formés lorsque le climat était plus humide, puis se sont effondrés lorsque la nappe phréatique a baissé et que les grottes se sont asséchées.
Selon les chercheurs, les effondrements se sont probablement produits sur des milliers d'années, et les tranchées ont depuis été modifiées par l'érosion. L'étude fournit un nouveau cadre pour comprendre l'évolution du paysage de la plaine de Nullarbor et pourrait avoir des implications pour la gestion des eaux souterraines dans la région. La recherche a été soutenue par le Conseil australien de la recherche et a impliqué des scientifiques de plusieurs universités australiennes.