Le 22 juillet 2026, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a annoncé une étape importante pour le projet de gazoduc Nigéria-Maroc. Les chefs d'État des 15 pays membres ont signé un protocole d'accord (MoU) lors d'un sommet à Abuja, au Nigeria, pour formaliser leur engagement envers ce pipeline transsaharien.
Le gazoduc, proposé pour la première fois en 2016, vise à transporter le gaz naturel de la région du delta du Niger au Nigeria à travers plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest—notamment le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire—avant d'atteindre le Maroc et potentiellement l'Europe. Le projet est estimé à 25 milliards de dollars et s'étendra sur plus de 5 600 kilomètres, ce qui en fait l'un des plus longs pipelines offshore et onshore au monde.
Selon un communiqué de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), le protocole d'accord définit un cadre de coopération, comprenant des études de faisabilité, des évaluations d'impact environnemental et des arrangements de financement. Le pipeline devrait avoir une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an, avec un début de construction potentiel en 2027.
Le roi du Maroc Mohammed VI et le président nigérian Bola Tinubu ont tous deux exprimé leur soutien au projet, considéré comme une démarche stratégique pour renforcer la sécurité énergétique et l'intégration économique en Afrique de l'Ouest. Le pipeline pourrait également aider à réduire le torchage du gaz au Nigeria et fournir une nouvelle route d'exportation vers les marchés européens.
Cependant, des défis subsistent, notamment les préoccupations de sécurité dans la région du Sahel et la nécessité d'investissements importants. Le projet a connu des retards depuis sa création, mais cette dernière signature marque une volonté politique renouvelée d'aller de l'avant.