Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), un pipeline offshore de 5 600 km devant traverser 13 pays africains, est souvent présenté comme une source d'énergie potentielle pour l'Europe. Cependant, début 2026, le projet en est toujours au stade de la planification et des études de faisabilité, confronté à d'importants retards et ne constituant pas une alternative immédiate aux approvisionnements européens en gaz.
Des rapports récents et des déclarations des parties impliquées soulignent la complexité du projet. Fin 2025, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) a indiqué qu'une décision d'investissement finale (FID) pour ce pipeline colossal de 25 milliards de dollars n'était pas attendue avant 2025 ou plus tard, un calendrier déjà reporté. L'achèvement du pipeline est désormais projeté au plus tôt pour la fin des années 2030.
Si l'Union européenne a exprimé un soutien politique au projet dans le cadre de sa stratégie Global Gateway pour diversifier ses sources d'énergie, aucun engagement financier contraignant pour sa construction n'a été pris. La viabilité du pipeline dépend également de la sécurisation du gaz nigérian, où la production nationale fait face à des défis chroniques, notamment le sous-investissement et les problèmes de sécurité dans le delta du Niger.
Les experts notent que même achevé, le NMGP desservirait d'abord les marchés ouest-africains avant de potentiellement atteindre l'Europe. Sa valeur stratégique pour l'Europe reste donc une perspective à long terme, et non une solution aux vulnérabilités énergétiques actuelles exposées par des conflits comme la guerre en Ukraine ou les tensions au Moyen-Orient.