Une enquête menée par un consortium de médias a révélé que le gouvernement marocain a utilisé le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group, pour surveiller des journalistes, des militants des droits de l'homme et des opposants politiques. Le logiciel permet d'extraire des messages, des photos et des e-mails, ainsi que d'activer les microphones et les caméras des appareils ciblés.
Selon l'enquête, qui a analysé une liste divulguée de plus de 50 000 numéros de téléphone, au moins 600 numéros marocains ont été sélectionnés pour la surveillance, notamment ceux de journalistes éminents comme Omar Radi et Hicham Mansouri, ainsi que des militants et des membres de l'opposition. Le gouvernement marocain a nié toute implication dans l'utilisation de Pegasus, qualifiant les allégations de 'fausses et infondées'.
Ces révélations ont suscité une inquiétude internationale, des organisations de défense des droits de l'homme appelant à une enquête indépendante. Le Parlement européen a également soulevé des questions sur l'exportation de technologies de surveillance vers des pays ayant un mauvais bilan en matière de droits de l'homme. Le Maroc avait déjà été accusé d'utiliser Pegasus pour cibler des dirigeants étrangers, dont le président français Emmanuel Macron.
En juillet 2026, aucune enquête officielle n'a été lancée au Maroc et le gouvernement continue de nier les allégations. Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les mesures de sécurité de l'État et la liberté de la presse dans le pays.