Le cadre juridique marocain pour la protection du patrimoine s'est développé sur plus d'un siècle, ses fondements ayant été posés durant le protectorat français établi en 1912. Les règlements initiaux portaient principalement sur les sites archéologiques et les monuments historiques, servant autant les intérêts de l'administration coloniale que la préservation.
Après l'indépendance en 1956, le Maroc a commencé à affirmer son contrôle souverain sur son patrimoine culturel. Une étape importante fut le Dahir de 1980, qui a fourni une définition élargie du patrimoine national. Les décennies suivantes ont vu la création d'institutions comme l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (INSAP).
Au XXIe siècle, l'évolution juridique s'est accélérée. La loi 22-80, concernant la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions et des objets d'art, reste un pilier. Des développements plus récents incluent le décret de 2016 pour l'application de certaines parties de cette loi et les efforts d'alignement sur les conventions internationales de l'UNESCO, que le Maroc a rejoint en 1956.
Le paysage juridique actuel est un mélange complexe d'ordonnances de l'époque du protectorat, de dahirs post-indépendance et de lois modernes. Ce cadre vise à gérer la tension entre les pressions du développement et la préservation du riche patrimoine culturel matériel et immatériel du Maroc, incluant ses médinas, ses kasbahs et son artisanat traditionnel.