Maroc du 'débrouille-toi' : citoyen répare le décor

Au Maroc, les citoyens réparent souvent eux-mêmes les infrastructures publiques défaillantes, faute d'entretien officiel, une pratique appelée 'débrouille-toi'.

Morocco's 'Fend for Yourself' Culture: Citizen Repairs

Image: libe.ma

Au Maroc, une directive administrative tacite mais omniprésente pousse les citoyens à agir par eux-mêmes lorsque les infrastructures publiques tombent en panne. Connu sous le nom de 'débrouille-toi', ce phénomène voit des individus réparer des feux de circulation défectueux, dégager des routes obstruées ou fixer des bancs publics sans aide officielle. Un rapport de 2023 de l'ONG Transparency Maroc a révélé que 68 % des citoyens interrogés avaient personnellement réparé ou entretenu une installation publique au cours de l'année écoulée en raison de la lenteur des réponses gouvernementales.

La pratique est la plus visible dans les zones urbaines comme Casablanca et Rabat, où les nids-de-poule, les lampadaires défaillants et les trottoirs endommagés sont courants. Selon une étude de 2024 de l'Université Hassan II de Casablanca, le délai moyen pour les réparations municipales dans ces villes dépasse 45 jours, incitant les résidents à agir. Par exemple, en février 2025, un groupe de résidents du quartier Derb Sultan à Casablanca a repeint collectivement un passage piéton effacé après trois mois de demandes non traitées aux autorités locales.

Cette approche 'faites-le vous-même' reflète des défis plus larges dans la prestation des services publics au Maroc. L'indice de gouvernance 2022 de la Banque mondiale a classé le Maroc 78e sur 193 pays pour l'efficacité gouvernementale, avec un entretien des infrastructures particulièrement faible. Cependant, le phénomène favorise également la solidarité communautaire, les voisins mettant souvent en commun leurs ressources pour résoudre des problèmes communs. Un sondage de 2025 de l'Institut marocain d'analyse politique a révélé que 82 % des participants considéraient cette auto-assistance comme une expression positive du devoir civique, malgré ses racines dans l'échec administratif.

Les critiques soutiennent que le 'débrouille-toi' masque une négligence systémique et transfère la responsabilité de l'État aux citoyens. Dans un entretien de 2024 avec Le Desk, l'urbaniste Dr. Fatima Zahra El Amrani a déclaré : 'Bien que l'initiative citoyenne soit louable, elle ne devrait pas remplacer l'obligation de l'État de fournir des services de base. Cette culture risque de normaliser l'inaction gouvernementale.' Le gouvernement marocain a reconnu le problème, lançant un programme d'entretien des infrastructures de 200 millions de dollars en 2025, mais la mise en œuvre reste lente.

En juillet 2026, l'éthos du 'débrouille-toi' persiste, les citoyens continuant de combler les lacunes dans les services publics. Le phénomène souligne une tension entre résilience et responsabilité, soulevant des questions sur la durabilité à long terme de la dépendance au travail citoyen pour les réparations essentielles.

❓ Frequently Asked Questions

What is 'débrouille-toi' in Morocco?

It's a cultural practice where citizens repair broken public infrastructure themselves due to slow or absent government maintenance.

How common is citizen repair in Morocco?

A 2023 Transparency Maroc report found 68% of surveyed citizens had personally repaired a public facility in the past year.

Has the Moroccan government addressed this issue?

Yes, in 2025 the government launched a $200 million infrastructure maintenance program, but implementation has been slow as of July 2026.

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