L'industrie automobile marocaine, pilier de son économie et premier exportateur de voitures du continent vers l'Europe, opère un virage stratégique vers la fabrication de véhicules électriques (VE). Cette transition répond directement à l'évolution du cadre réglementaire de l'Union européenne, incluant le 'Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières' (MACF) et les règles d'origine de l'Accord d'Association, qui incitent à la production locale de composants pour VE.
D'importants investissements alimentent cette transformation. En 2025, le géant chinois des batteries Gotion High-Tech a annoncé un co-entreprise de 12,5 milliards d'euros pour construire une gigantesque usine de batteries pour véhicules électriques au Maroc. Cette décision fait suite aux initiatives de Stellantis et Renault pour accroître l'approvisionnement local en pièces et la capacité de production de modèles électriques comme la Citroën ë-C3 et la Dacia Spring.
Malgré la posture de plus en plus protectionniste de l'UE sur les industries vertes, illustrée par les droits de douane sur les VE chinois, les accords de libre-échange et la proximité géographique du Maroc lui confèrent un avantage crucial. Le royaume vise une production d'un million de véhicules par an d'ici 2030, dont une part croissante sera électrique, pour consolider son rôle de fournisseur clé du marché européen durant la transition énergétique mondiale.