Le Maroc est confronté à une vulnérabilité économique importante en raison de sa forte dépendance aux importations d'hydrocarbures, une situation exacerbée par les tensions et conflits persistants au Moyen-Orient. Le pays importe plus de 90 % de ses besoins énergétiques, principalement sous forme de pétrole, de gaz et de charbon. Cette dépendance expose l'économie nationale à la volatilité des prix mondiaux et à d'éventuelles ruptures dans les chaînes d'approvisionnement en provenance des régions productrices clés.
Les conflits récents, dont la guerre à Gaza et l'instabilité régionale, ont contribué aux fluctuations des marchés mondiaux de l'énergie. Si le Maroc a diversifié ses sources d'importation ces dernières années, incluant des fournisseurs du bassin atlantique, une part substantielle de son pétrole brut et de son gaz naturel liquéfié (GNL) provient historiquement ou transite par la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Toute perturbation majeure des routes maritimes comme le détroit d'Hormuz ou le canal de Suez pourrait affecter les livraisons et les coûts.
Le gouvernement marocain a lancé une stratégie énergétique nationale pour réduire cette dépendance, visant 52 % de capacité électrique installée à partir de sources renouvelables d'ici 2030. Des investissements importants ont été réalisés dans le solaire et l'éolien, notamment avec le complexe solaire Noor et divers parcs éoliens. Cependant, la transition est en cours, et les énergies fossiles restent dominantes pour la production d'électricité et les transports, ce qui signifie que la dépendance aux importations persistera dans un avenir proche.
Cette insécurité énergétique a des conséquences directes sur la balance commerciale et l'inflation au Maroc. Les prix élevés de l'énergie mondiale alourdissent la facture des importations, exerçant une pression sur les réserves de devises et pouvant entraîner une hausse des coûts pour les consommateurs et les industries. Cette situation souligne l'importance stratégique de l'accélération du déploiement des énergies renouvelables et des initiatives de coopération énergétique régionale comme amortisseurs face aux chocs externes.