Le secteur agroalimentaire marocain, pilier clé de l'économie nationale, est confronté au défi de la montée en gamme. Selon un rapport de 2025 du ministère marocain de l'Agriculture, le secteur représente environ 25% du PIB du pays et emploie plus de 40% de la main-d'œuvre. Cependant, la plupart des exportations restent dans des catégories à faible valeur ajoutée comme les fruits et légumes bruts, les produits transformés ne représentant que 15% des exportations agroalimentaires totales.
Les experts du secteur pointent plusieurs obstacles à cette montée en gamme. Une étude de 2024 de l'Association marocaine des industries agroalimentaires (AMIPA) a identifié une logistique de chaîne du froid insuffisante, un accès limité au financement pour les petites et moyennes entreprises, et un manque de main-d'œuvre qualifiée dans les technologies de transformation alimentaire comme obstacles majeurs. Le 'Plan Maroc Vert' et son successeur 'Génération Green 2020-2030' visent à résoudre ces problèmes en investissant 1,5 milliard de dollars dans la modernisation des usines de transformation alimentaire et des programmes de formation d'ici 2027.
Malgré ces efforts, les progrès sont lents. En 2025, seulement 30% des entreprises agroalimentaires avaient adopté des certifications de qualité internationales comme l'ISO 22000 ou le HACCP, selon l'Agence marocaine de sécurité sanitaire des aliments (ONSSA). Cela limite l'accès aux marchés premium en Europe et en Amérique du Nord, où la demande pour des aliments biologiques certifiés et transformés de haute qualité est croissante.
Pour accélérer la transition, le gouvernement a lancé une nouvelle initiative début 2026 appelée 'FoodTech Morocco', qui offre des subventions et une assistance technique aux startups axées sur l'innovation alimentaire. Le programme a déjà soutenu 50 entreprises, avec un objectif de 200 d'ici 2028. Si ces efforts réussissent, ils pourraient porter la part des exportations agroalimentaires transformées à 25% d'ici 2030, selon les projections du ministère de l'Industrie et du Commerce.