Un ancien officier de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) marocaine, utilisant le pseudonyme 'Safir' et actuellement en exil, a fourni un témoignage exclusif détaillant les rouages d'un vaste appareil de surveillance numérique d'État. Le lanceur d'alerte affirme que l'agence déploie des logiciels espions sophistiqués et des outils de piratage pour surveiller les journalistes, les militants et les opposants politiques, tant au niveau national qu'à l'étranger.
Selon Safir, la DGST opère une unité dédiée qui mène des cyberopérations offensives, notamment l'utilisation de logiciels espions de type Pegasus pour infiltrer les appareils mobiles. Le témoignage allègue que ces opérations sont autorisées à des niveaux élevés au sein de l'establishment sécuritaire marocain et ciblent des individus critiques envers le gouvernement. Le lanceur d'alerte a fourni des documents internes et des journaux techniques pour étayer ces affirmations.
Les organisations de défense des droits de l'homme accusent depuis longtemps le Maroc d'utiliser la surveillance numérique pour réprimer la dissidence. Ces dernières années, des rapports d'Amnesty International et de Citizen Lab ont lié les autorités marocaines au ciblage de journalistes via le logiciel espion Pegasus. Ce nouveau témoignage, s'il est vérifié, fournirait le récit le plus détaillé à ce jour de l'ampleur et des méthodes de ces opérations.
Les autorités marocaines ont constamment nié les allégations de piratage et de surveillance parrainés par l'État. Le gouvernement n'a pas encore répondu aux dernières allégations de Safir. L'identité du lanceur d'alerte reste protégée par crainte de représailles.