Le Maroc est confronté à un changement démographique qui pourrait nécessiter davantage de soignants pour sa population âgée. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la part des habitants âgés de 60 ans et plus était estimée à 13,9 % en 2024 et devrait atteindre 19,5 % en 2040. Cette augmentation est due à un taux de fécondité en baisse, tombé à 1,97 enfant par femme en 2024, en dessous du seuil de remplacement de 2,1.
Pour répondre aux besoins croissants en soins aux personnes âgées, le gouvernement marocain envisage de recruter des aidants étrangers. Cette proposition a été discutée dans un récent rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui a souligné le potentiel de la main-d'œuvre étrangère pour combler les lacunes dans les secteurs de la santé et des services sociaux. Le CESE a suggéré que le Maroc pourrait s'inspirer de l'expérience de pays comme l'Espagne et l'Italie, qui ont des programmes similaires.
Le plan consisterait à créer un cadre juridique pour faciliter le recrutement et l'intégration des aidants étrangers, en mettant l'accent sur la formation et les compétences linguistiques. Le gouvernement n'a pas encore annoncé de calendrier ni de quotas spécifiques, mais le rapport du CESE recommande des projets pilotes dans les régions où la population âgée est la plus importante.
Les organisations locales ont exprimé des réactions mitigées. Certaines saluent cette initiative comme une solution pratique à une crise imminente, tandis que d'autres estiment que le Maroc devrait d'abord investir dans la formation de ses propres citoyens pour ces rôles. Le débat est en cours, mais les pressions démographiques sont claires : d'ici 2040, près d'un Marocain sur cinq aura plus de 60 ans, et le pays doit se préparer à leur prise en charge.