La ministre déléguée à la Transition numérique et à la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a défendu une vision du Maroc comme « troisième voie » technologique — un modèle indépendant positionné entre les grandes puissances numériques américaine, chinoise et européenne. Intervenant lors d'un forum de haut niveau, elle a soutenu que le Maroc peut jouer le rôle d'une puissance technologique d'équilibre, offrant une alternative aux nations en quête de souveraineté numérique.
Seghrouchni a souligné que l'approche marocaine de la transformation numérique repose sur des principes d'ouverture, d'interopérabilité et d'autonomie stratégique. La ministre a mis en avant les efforts nationaux en cours pour développer une infrastructure numérique locale, des capacités en intelligence artificielle et des cadres réglementaires reflétant les valeurs marocaines et africaines.
Ces déclarations s'inscrivent dans une ambition plus large du gouvernement marocain de tirer parti de sa position géographique — à la croisée de l'Afrique, de l'Europe et du monde arabe — comme atout stratégique dans le paysage technologique mondial. Le Maroc investit dans les infrastructures numériques, les centres de données et la recherche en IA dans le cadre de sa stratégie numérique nationale.
La ministre a également insisté sur l'importance de partenariats internationaux fondés sur le respect mutuel et des principes de gouvernance partagée, plutôt que sur la dépendance technologique. Le Maroc s'est positionné comme un hub régional d'innovation numérique en Afrique, attirant investissements et talents tout en développant ses propres cadres réglementaires et éthiques pour les technologies émergentes, dont l'intelligence artificielle.