Selon un rapport de 2024 du Haut-Commissariat au Plan (HCP) du Maroc, la cartographie des déplacements domicile-travail révèle de profondes fractures territoriales. L'étude, basée sur le recensement général de 2014 et mise à jour avec des données de 2024, montre que 68 % des travailleurs vivent en zone urbaine, mais seulement 12 % utilisent les transports en commun pour leur trajet quotidien, soulignant un grave manque d'infrastructures de transport collectif.
Les disparités régionales sont frappantes : dans la région de Casablanca-Settat, 22 % des travailleurs effectuent un trajet de plus de 30 minutes, contre seulement 8 % dans celle de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Le temps de trajet moyen national est de 24 minutes, mais dépasse 40 minutes dans les grands centres urbains comme Casablanca et Rabat. Le HCP note que les femmes sont touchées de manière disproportionnée, avec seulement 15 % des travailleuses qui se déplacent contre 45 % des hommes, en partie à cause de problèmes de sécurité et d'options de transport limitées.
Le rapport indique également que 55 % des travailleurs utilisent des voitures privées ou des motos, tandis que 33 % marchent ou utilisent des transports non motorisés. Cette dépendance aux véhicules privés contribue à la congestion et à la pollution dans les villes. Le HCP recommande d'investir dans les réseaux de transport en commun, en particulier dans les zones périurbaines, pour réduire les inégalités et améliorer la mobilité de tous les citoyens.