Le Maroc accélère sa transition énergétique verte, en partie sous l'effet des nouveaux mécanismes d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'Union européenne. Le pays, qui abrite déjà l'une des plus grandes centrales solaires à concentration du monde à Noor Ouarzazate, vise à porter la part des énergies renouvelables à 52 % de sa capacité installée totale d'ici 2030, contre environ 40 % actuellement.
Le MACF de l'UE, dont la phase transitoire a débuté en octobre 2023 et qui imposera des coûts carbone complets sur les importations à partir de 2026, a poussé les exportateurs marocains—notamment dans les engrais, l'acier et le ciment—à rechercher des sources d'énergie plus propres. L'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) a annoncé des plans pour ajouter 4,5 GW de capacité solaire et éolienne d'ici 2027, selon des déclarations officielles.
Le Maroc investit également dans la production d'hydrogène vert, avec un projet de 10 milliards de dollars dans la région sud pour produire de l'ammoniac destiné à l'exportation. Le pays a signé des protocoles d'accord avec des entreprises européennes, dont Siemens Energy (Allemagne) et TotalEnergies (France), pour développer ce secteur.
Cependant, des défis subsistent. Le pays dépend encore des combustibles fossiles importés pour environ 90 % de ses besoins énergétiques, et la transition nécessite des investissements étrangers importants ainsi qu'une modernisation du réseau. Des groupes environnementaux ont également exprimé des préoccupations concernant l'utilisation de l'eau pour les centrales solaires thermiques dans les régions arides.