Le 4 juin 2026, l'Union Marocaine des Ophtalmologistes Libéraux (UMOL) a tenu une conférence de presse à Casablanca pour souligner les lacunes critiques du système de soins oculaires au Maroc. Le Dr Hassan Benchekroun, président de l'UMOL, a déclaré que le nombre d'ophtalmologistes en exercice au Maroc est d'environ 800, bien en dessous du ratio recommandé par l'Organisation mondiale de la santé de 1 pour 20 000 habitants, entraînant de longs délais d'attente et un accès limité, surtout en zones rurales.
Le syndicat a également dénoncé la prolifération de praticiens non qualifiés proposant des corrections au laser et d'autres procédures sans supervision adéquate. Le Dr Fatima Zahra El Idrissi, membre de l'UMOL, a cité des cas de patients ayant subi des dommages irréversibles après des traitements dans des cliniques non spécialisées. Elle a appelé à un renforcement de la réglementation existante et à un registre national des prestataires de soins oculaires certifiés.
Une autre préoccupation majeure est le manque d'équipements de diagnostic modernes dans les hôpitaux publics. Selon un rapport de 2025 du ministère de la Santé, seulement 30 % des services d'ophtalmologie publics disposent d'appareils de tomographie par cohérence optique (OCT) fonctionnels, essentiels pour détecter le glaucome et la dégénérescence maculaire. L'UMOL a exhorté le gouvernement à allouer des fonds supplémentaires pour l'équipement et la formation.
En réponse, le ministère de la Santé a annoncé le 5 juin qu'il lancerait une stratégie nationale de santé oculaire d'ici septembre 2026, incluant un plan pour former 200 nouveaux ophtalmologistes sur cinq ans et équiper 50 hôpitaux publics d'outils de diagnostic modernes. Cependant, l'UMOL a exprimé son scepticisme, notant des promesses similaires dans le passé qui n'ont pas été pleinement tenues.