La divination marocaine, connue localement sous le nom de 'ilm al-raml (lecture de sable) et istikhara (divination par la prière), a des racines profondes dans l'histoire culturelle diversifiée du pays. Les chercheurs retracent ces pratiques à un mélange d'influences berbères, arabes et islamiques, certaines techniques étant arrivées par les routes commerciales de l'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient.
L'une des formes les plus répandues est le raml, ou géomancie, qui consiste à interpréter des motifs dans le sable ou les cailloux. Cette pratique est documentée dans les textes islamiques médiévaux et reste courante dans les marchés marocains, où des praticiens, souvent appelés rammal, offrent des lectures contre rémunération. Une autre méthode populaire est l'istikhara, un rituel de recherche de guidance par les rêves ou la prière, ancré dans la tradition islamique et utilisé pour les grandes décisions de la vie.
L'astrologie et la chiromancie figurent également en bonne place, les praticiens utilisant des cartes du zodiaque et des lignes de la main pour prédire l'avenir. Ces arts sont souvent transmis de génération en génération, et de nombreux Marocains consultent des devins pour des questions d'amour, d'affaires et de santé. Cependant, les autorités religieuses critiquent parfois ces pratiques, arguant qu'elles entrent en conflit avec les enseignements islamiques sur le destin et l'invisible.
Ces dernières années, la divination s'est adaptée aux temps modernes, de nombreux praticiens proposant des consultations par téléphone ou sur les réseaux sociaux. Malgré les changements technologiques, les rituels de base restent inchangés, reflétant une fascination culturelle durable pour l'inconnu.