Le café est arrivé au Maroc au XVIe siècle via les routes commerciales du Yémen et de l'Empire ottoman, devenant rapidement un incontournable dans les centres urbains comme Fès et Marrakech. Au XVIIIe siècle, les cafés, appelés 'qahwa', ont émergé comme des espaces sociaux clés où les Marocains se réunissaient pour discuter, faire des affaires et se divertir. Ces établissements servaient souvent du café épicé à la cardamome ou à la cannelle, une tradition qui perdure aujourd'hui.
Dans le Maroc moderne, les cafés sont omniprésents, des ruelles étroites des médinas aux boulevards modernes. Ils fonctionnent comme des centres communautaires informels, où les hommes et de plus en plus les femmes se rencontrent pour discuter de politique, faire des affaires ou simplement se détendre. Le rituel de préparation et de service du café—souvent dans de petites tasses avec de la mousse—reste un motif de fierté, avec des torréfacteurs locaux comme ceux de la vieille ville de Fès qui maintiennent des techniques séculaires.
Malgré la montée des chaînes mondiales, les cafés traditionnels marocains continuent de prospérer, s'adaptant aux goûts contemporains tout en préservant leur rôle d'ancres sociales. La culture du café reflète des changements sociétaux plus larges, notamment l'urbanisation et l'évolution des normes de genre, mais l'expérience fondamentale de partager une tasse reste une habitude nationale chérie.