Le conflit en cours au Moyen-Orient, notamment la guerre à Gaza déclenchée en octobre 2023 et qui s'est poursuivie en 2025 et 2026, a eu des répercussions significatives sur les économies africaines. De nombreux pays africains, déjà vulnérables aux chocs extérieurs, ont dû faire face à une hausse des coûts d'importation, à des perturbations des chaînes d'approvisionnement et à une pression inflationniste accrue.
L'un des impacts les plus immédiats a concerné les prix alimentaires et énergétiques. L'Afrique est un importateur majeur de blé, d'huile de cuisine et de produits pétroliers, dont beaucoup transitent par le Moyen-Orient ou en proviennent. Les perturbations des routes maritimes en mer Rouge — causées par les attaques houthies contre des navires commerciaux depuis fin 2023 — ont contraint les cargos à contourner le cap de Bonne-Espérance, augmentant considérablement les délais et les coûts de transport. Ce surcoût a été répercuté sur les consommateurs à travers le continent, aggravant l'insécurité alimentaire dans les États les plus fragiles.
Les envois de fonds des travailleurs africains dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont également subi des pressions. Des millions d'Africains travaillent en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et dans d'autres États du Golfe, et les fonds qu'ils envoient chez eux constituent une source de revenus essentielle pour les familles et les économies nationales. L'incertitude régionale a affecté les marchés du travail et, dans certains cas, le volume et la fiabilité de ces transferts.
Les gouvernements africains et les institutions internationales telles que la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI) ont appelé à renforcer les amortisseurs économiques, à diversifier les partenariats commerciaux et à investir dans la production alimentaire locale afin de réduire la dépendance aux chaînes d'approvisionnement mondiales volatiles. Les analystes soulignent que le renforcement de la résilience à long terme — par l'investissement dans les infrastructures, l'intégration commerciale régionale et les filets de protection sociale — est indispensable pour que le continent puisse résister aux futurs chocs géopolitiques.
Le réalignement géopolitique plus large provoqué par le conflit au Moyen-Orient a également conduit certains pays africains à réévaluer leurs relations diplomatiques et commerciales. L'Union africaine a exhorté ses États membres à adopter des réponses coordonnées aux chocs économiques extérieurs dans le cadre de son programme de développement Agenda 2063.