Un haut responsable mauricien a réitéré l'engagement de son pays en faveur de la « décolonisation » de l'archipel des Chagos, suite aux informations selon lesquelles le gouvernement britannique a reporté une loi prévue pour la rétrocession du territoire. Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) britannique a confirmé que les travaux sur un projet de loi visant à finaliser un accord avec Maurice, conclu en 2022, étaient suspendus en raison des prochaines élections législatives.
L'accord, négocié sous le gouvernement de l'ancien Premier ministre Boris Johnson, reconnaissait la souveraineté mauricienne sur les îles tout en proposant de maintenir la base militaire anglo-américaine de Diego Garcia dans le cadre d'un bail à long terme. Ce report signifie que le transfert formel de souveraineté, qui n'était de toute façon pas attendu avant 2025 au plus tôt, est désormais en attente du résultat des élections britanniques.
Maurice revendique depuis longtemps ces îles, dont elle a été séparée par la Grande-Bretagne en 1965. La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif en 2019 déclarant l'administration britannique illicite et demandant la fin de son contrôle. L'Assemblée générale des Nations Unies a ensuite entériné cet avis.
L'avenir du peuple chagossien, expulsé de force par le Royaume-Uni entre 1967 et 1973 pour faire place à la base, reste une question centrale. Bien que l'accord de 2022 prévoie des dispositions pour un retour facilité, les représentants de la communauté ont exprimé leurs inquiétudes quant à leur mise à l'écart des négociations.