La junte militaire au pouvoir au Mali a officiellement retiré sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), l'État autoproclamé par le Front Polisario pour le Sahara occidental. Cette décision, annoncée par le ministère malien des Affaires étrangères, aligne la position de Bamako sur celle du Maroc, qui revendique la souveraineté sur l'ensemble du territoire.
Ce mouvement, confirmé par un communiqué du ministère des Affaires étrangères malien le 21 avril 2026, représente un virage diplomatique majeur. Le Mali avait reconnu la RASD il y a plusieurs décennies. La junte a invoqué une volonté de « réalisme et d'approche pragmatique » des questions régionales pour justifier ce revirement de politique.
Le Sahara occidental est un territoire disputé, largement contrôlé par le Maroc mais revendiqué par le Front Polisario, qui cherche l'indépendance. L'ONU le considère comme un territoire non autonome et cherche une solution politique depuis des décennies. L'Union africaine reconnaît la RASD comme un État membre, tandis que de nombreux autres pays, dont les États-Unis sous l'administration Trump, ont reconnu la souveraineté marocaine.
Les analystes voient dans la décision du Mali une partie d'un réalignement plus large de la junte sahélienne, qui a renforcé ses liens avec le Maroc et s'est distanciée de ses alliés traditionnels. Ce geste devrait tendre les relations du Mali avec l'Algérie, un soutien clé du Front Polisario et un rival régional du Maroc.