Le gouvernement militaire du Mali a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec le Front Polisario, le mouvement indépendantiste sahraoui qui revendique l'autodétermination du Sahara occidental. Cette annonce marque un réalignement diplomatique majeur pour ce pays enclavé du Sahel, qui remodèle ses alliances depuis la prise du pouvoir par la junte militaire.
Cette décision traduit un rapprochement notable avec le Maroc, qui administre la majeure partie du Sahara occidental et cherche depuis longtemps à obtenir le soutien diplomatique africain pour son plan d'autonomie du territoire. Le Maroc a étendu son influence en Afrique de l'Ouest, et le geste du Mali est perçu comme un alignement stratégique avec Rabat, au détriment des liens avec l'Algérie, principal soutien du Front Polisario.
Cette rupture intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la junte malienne et l'Algérie. Les relations entre Bamako et Alger se sont considérablement dégradées ces dernières années, en raison de désaccords sur la coopération sécuritaire, la présence des forces russes Wagner au Mali et des approches divergentes quant à la stabilité au Sahel. Le soutien indéfectible de l'Algérie au Front Polisario a rendu les liens du Mali avec ce mouvement de plus en plus incompatibles avec la politique étrangère du gouvernement actuel.
Le Mali est membre de l'Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso et du Niger — trois pays qui se sont tous distanciés des partenaires occidentaux et des cadres régionaux traditionnels. La rupture avec le Front Polisario s'inscrit dans ce schéma plus large de réalignement diplomatique, alors que la junte cherche de nouveaux partenariats et réaffirme sa souveraineté sur ses choix de politique étrangère.