Pour la première fois, des chercheurs ont cartographié le comportement des limites des nanostructures magnétiques sur des échelles de temps extrêmement courtes. Les travaux du physicien Johan Mentink de l'Université Radboud montrent que ces limites sont beaucoup plus stables qu'on ne le pensait, ce qui pourrait aider à développer des technologies de stockage de données plus rapides.
L'étude, publiée dans une revue à comité de lecture, a utilisé des techniques laser avancées pour observer les parois de domaines magnétiques—les frontières entre régions de magnétisation différente—sur des échelles de temps femtosecondes (un quadrillionnième de seconde). L'équipe a constaté que ces parois restent stables même lorsqu'elles sont soumises à des impulsions laser ultrarapides, contrairement aux hypothèses antérieures selon lesquelles elles seraient facilement perturbées.
Cette stabilité est cruciale pour la spintronique, une technologie qui utilise le spin des électrons plutôt que leur charge pour stocker et traiter les données. Les dispositifs spintroniques pourraient potentiellement fonctionner beaucoup plus rapidement que l'électronique actuelle, mais le contrôle des structures magnétiques à grande vitesse a été un défi.
Selon Mentink, ces découvertes ouvrent de nouvelles possibilités pour concevoir des dispositifs de mémoire et de logique magnétiques capables de changer d'état en picosecondes ou plus rapidement. La recherche a été menée à l'Institut des molécules et des matériaux de l'Université Radboud à Nimègue, aux Pays-Bas.