Selon les données de l'Institut national de la statistique (INS) tunisien, le taux de fécondité du pays est tombé à 1,7 enfant par femme en 2025, le niveau le plus bas jamais enregistré. Ce déclin s'inscrit dans une tendance plus large au Maghreb, notamment en Algérie et au Maroc.
En Algérie, le taux de fécondité est tombé à 2,5 enfants par femme en 2024, contre 3,0 en 2019, selon l'Office national des statistiques algérien. Au Maroc, le taux était de 2,1 enfants par femme en 2023, d'après le Haut-Commissariat au Plan (HCP), avec des projections indiquant de nouvelles baisses.
Les démographes attribuent cette baisse à l'augmentation de l'éducation des femmes, à leur participation accrue au marché du travail, à la hausse du coût de la vie et au retard du mariage. En Tunisie, l'âge moyen au premier mariage est passé à 33 ans pour les hommes et 29 ans pour les femmes, selon les données de l'INS.
Cette tendance pose des défis économiques, notamment une diminution de la population active et une pression accrue sur les systèmes de retraite. Les gouvernements de la région ont introduit des politiques natalistes, comme les allocations familiales en Tunisie et les subventions au logement en Algérie, mais leur impact reste limité.
Les experts avertissent que sans changements politiques significatifs, le Maghreb pourrait connaître une stagnation démographique similaire à celle de l'Europe du Sud, avec des effets à long terme sur la croissance économique et la stabilité sociale.