À l'approche du budget de l'Union indienne 2026-2027, des experts et des groupes de la société civile renouvellent leurs appels en faveur d'une politique nationale de soins complète. La demande va au-delà des allocations budgétaires annuelles, visant un cadre structurel pour reconnaître, réduire et redistribuer le travail de soins non rémunéré—un fardeau qui pèse de manière disproportionnée sur les femmes.
Selon un rapport de 2023 de l'Organisation internationale du travail (OIT), les femmes en Inde consacrent en moyenne 5,8 heures par jour au travail de soins non rémunéré, contre 0,8 heure pour les hommes. Cet écart contribue à une plus faible participation des femmes au marché du travail, qui s'élevait à 37% en 2023-24 selon l'enquête périodique sur la population active (PLFS).
Les défenseurs de cette politique estiment qu'elle inclurait des investissements dans la petite enfance, les soins aux personnes âgées et les congés familiaux rémunérés. De telles politiques ont montré leur capacité à stimuler l'emploi des femmes et la croissance économique. Par exemple, une étude de 2024 du Fonds monétaire international (FMI) estimait que la réduction des écarts entre les sexes sur le marché du travail pourrait augmenter le PIB de l'Inde de 27%.
Bien que le gouvernement ait introduit des programmes comme le Pradhan Mantri Matru Vandana Yojana (PMMVY) pour les prestations de maternité, les critiques les jugent insuffisants et mal mis en œuvre. Un rapport de 2025 de l'Institut national des finances et des politiques publiques (NIPFP) a noté que l'Inde consacre moins de 1% de son PIB à la petite enfance et à l'éducation, bien en deçà des 2-3% recommandés par l'UNESCO.
L'appel en faveur d'une politique nationale de soins gagne du terrain avant le budget de l'Union 2026, avec plus de 200 organisations signant un mémorandum conjoint adressé au ministère des Finances. Si elle est adoptée, cette politique marquerait un changement de paradigme dans la manière dont l'Inde valorise et soutient le travail de soins.