Peu de questions suscitent des réponses aussi contradictoires que celle de savoir si les humains ont évolué pour manger de la viande. Selon le biologiste évolutionniste Dr William R. Leonard de l'Université Northwestern, l'anatomie et la physiologie humaines révèlent un tableau complexe. Notre système digestif, avec un intestin grêle relativement long et un côlon plus court que celui des herbivores mais plus long que celui des carnivores, suggère une adaptation omnivore. De plus, nos dents—incisives, canines et molaires—sont adaptées à un régime mixte, pas exclusivement carné.
Les recherches indiquent que les premiers hominines ont commencé à incorporer de la viande dans leur alimentation il y a environ 2,6 millions d'années, comme en témoignent les marques de découpe sur des os d'animaux trouvés en Éthiopie. Ce changement a probablement fourni des nutriments essentiels comme la vitamine B12 et le fer, plus facilement disponibles à partir de sources animales. Cependant, les humains manquent des griffes acérées, des mâchoires puissantes et des enzymes digestives spécialisées des carnivores obligatoires. Notre capacité à cuire les aliments, qui a commencé il y a environ 1,8 million d'années, a encore élargi nos options alimentaires.
Le Dr Leonard souligne que si la viande a fait partie de l'évolution humaine, elle a toujours été consommée avec des aliments végétaux. Des études modernes montrent que les populations à forte consommation de viande, comme les Inuits, ont des adaptations génétiques pour métaboliser les graisses, mais ce sont des exceptions. Le consensus parmi les anthropologues est que les humains sont des omnivores facultatifs, capables de prospérer avec une variété de régimes, mais notre anatomie n'exige pas la consommation de viande.
En résumé, les preuves issues de l'anatomie comparée, de l'archéologie et de la génétique soutiennent que les humains ont évolué en tant qu'omnivores, et non en tant que prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire. Les affirmations du régime carnivore ne sont pas soutenues par la biologie évolutionniste.