Le système de santé publique sud-africain propose des vaccins gratuits contre le HPV (virus du papillome humain) aux filles âgées de 9 ans et plus via des programmes scolaires, mais les garçons ne sont pas inclus. Cette politique spécifique au genre a suscité des critiques de la part d'experts en santé qui notent que le HPV provoque des cancers chez les deux sexes, notamment les cancers du col de l'utérus, de l'anus, du pénis et de l'oropharynx.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le HPV est responsable de plus de 5 % de tous les cancers dans le monde. En Afrique du Sud, le cancer du col de l'utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes, avec environ 10 000 nouveaux cas par an. Cependant, le HPV cause également environ 1 500 cas de cancer du pénis et 2 000 cas de cancer de l'anus chez les hommes chaque année dans le pays, selon le Registre national du cancer.
La Dre Linda-Gail Bekker, chercheuse sud-africaine de premier plan sur le VIH et ancienne présidente de la Société internationale du sida, a déclaré que l'inclusion des garçons dans le programme de vaccination contre le HPV réduirait le fardeau global des maladies liées au HPV et aiderait à atteindre l'immunité collective. Le vaccin est plus efficace lorsqu'il est administré avant les premiers rapports sexuels, généralement entre 9 et 12 ans.
Plusieurs pays, dont l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, recommandent déjà la vaccination contre le HPV pour les garçons et les filles. Le ministère sud-africain de la Santé n'a pas encore annoncé de plans pour étendre le programme, mais des groupes de défense comme la Cancer Association of South Africa (CANSA) continuent de plaider en faveur d'une vaccination neutre en matière de genre.