Le conflit en cours au Moyen-Orient a souligné un changement fondamental sur les marchés pétroliers mondiaux : la politique des grandes puissances joue désormais un rôle aussi important que les quotas et les niveaux de production de l'OPEP. Le détroit d'Ormuz, un goulet d'étranglement critique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est devenu un point focal des tensions entre l'Iran, les États-Unis et leurs alliés régionaux.
Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie, environ 17 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers ont transité par le détroit d'Ormuz en 2023. Des incidents récents, notamment la saisie de pétroliers par l'Iran en avril 2025, ont accru les inquiétudes concernant les perturbations de l'approvisionnement. Ces événements ont poussé les prix du pétrole au-dessus de 90 dollars le baril, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie.
Les analystes du Center for Strategic and International Studies notent que l'influence traditionnelle de l'OPEP, qui contrôle environ 40 % de la production pétrolière mondiale, est remise en question par les manœuvres géopolitiques. L'augmentation des sanctions américaines sur les exportations de pétrole iranien, combinée à la demande croissante de la Chine, a créé un réseau complexe d'alliances et de conflits qui impactent directement la sécurité énergétique.
En réponse, les grands consommateurs de pétrole comme le Japon et la Corée du Sud ont accéléré leurs efforts pour diversifier leurs sources d'énergie, notamment par des investissements dans les énergies renouvelables et les réserves stratégiques de pétrole. L'Union européenne a également cherché à réduire sa dépendance au pétrole du Moyen-Orient via le plan REPowerEU, visant à réduire les importations de pétrole russe et régional d'ici 2030.
En mai 2026, la situation reste fluide. Le Fonds monétaire international a averti que toute perturbation prolongée à Ormuz pourrait déclencher une récession mondiale, étant donné le rôle du goulet dans l'approvisionnement de l'Asie et de l'Europe. L'ancien ordre pétrolier, dominé par les décisions de production de l'OPEP, est désormais entrelacé avec les dynamiques imprévisibles de la compétition entre grandes puissances.