Les statistiques officielles de la criminalité du Bureau fédéral de la police criminelle (BKA) allemande montrent régulièrement que les personnes sans nationalité allemande sont surreprésentées parmi les suspects d'infractions. En 2024, les étrangers comptaient pour environ 41,5 % de l'ensemble des suspects, un chiffre nettement supérieur à leur part dans la population résidente, qui était d'environ 14,6 % fin 2023.
Les experts et le BKA lui-même mettent en garde contre une interprétation simpliste de ces chiffres. Les statistiques recensent des suspects, non des condamnés, et de multiples facteurs influencent les données. On peut citer une plus grande visibilité policière dans certains quartiers urbains, le profil démographique de la population étrangère (plus jeune et plus masculine), et l'inclusion de toutes les infractions commises par des visiteurs de courte durée et des touristes dans la catégorie "suspect étranger".
En examinant des nationalités spécifiques, les ressortissants de pays d'Afrique du Nord comme le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, ainsi que de Géorgie, ont été relevés dans des rapports passés pour leurs taux de suspects par habitant relativement élevés. Le BKA souligne toutefois que la grande majorité des résidents étrangers ne sont suspectés d'aucune infraction. Le débat autour de ces statistiques reste un sujet sensible et politiquement chargé en Allemagne, souvent lié aux discussions sur l'intégration, la politique migratoire et les méthodes policières.