Un projet génomique pionnier a été salué comme une première mondiale en matière de science de la conservation, utilisant le séquençage génétique pour retracer les origines de macaques de Barbarie captifs jusqu'à leurs homologues sauvages au Maroc. Les chercheurs impliqués dans le projet ont décrit la base de données génétique qu'ils ont constituée comme une « clé maîtresse » pour comprendre l'espèce et soutenir sa survie.
Grâce à cet outil génétique, les scientifiques ont pu retracer l'ascendance d'un macaque de Barbarie captif nommé Crinkle jusqu'aux populations sauvages vivant près du parc national d'Ifrane et du parc national de Khenifra, dans les montagnes du Moyen Atlas marocain — deux des habitats restants les plus importants pour l'espèce.
Le macaque de Barbarie (Macaca sylvanus) est classé comme espèce en danger sur la Liste rouge de l'UICN, avec des populations sauvages dont les effectifs ont fortement diminué ces dernières décennies en raison de la perte d'habitat, du commerce illégal d'animaux sauvages et de l'empiètement humain. L'espèce est principalement présente dans les forêts du Maroc et de l'Algérie, avec une petite population introduite sur le Rocher de Gibraltar.
Les défenseurs de l'environnement espèrent que cet outil génomique contribuera à améliorer les programmes d'élevage dans les zoos et les sanctuaires en garantissant le maintien de la diversité génétique. Il pourrait également aider les autorités à identifier l'origine des animaux victimes du trafic illégal. En associant des individus captifs à des populations sources sauvages spécifiques, le projet pourrait soutenir les efforts de réintroduction et renforcer les effectifs sauvages.
Les chercheurs impliqués dans le projet ont déclaré que ces résultats représentent une avancée significative pour la conservation des primates, offrant un modèle reproductible qui pourrait être appliqué à d'autres espèces menacées confrontées à des pressions similaires liées à la destruction de l'habitat et au commerce illégal d'animaux de compagnie.