Le réseau des écoles francophones au Maroc, pilier de son système éducatif, traverse une période de tension et de transition majeure. Le défi principal découle d'un différend financier entre le gouvernement marocain et la France, qui subventionnait historiquement le réseau. En 2024, le Maroc a annoncé cesser sa contribution financière aux écoles de la Mission laïque française (Mlf), exigeant un "rééquilibrage" des coûts et un plus grand contrôle sur les programmes et la gestion des enseignants.
Cette pression financière coïncide avec l'agenda de réforme éducative plus large du Maroc, qui vise à renforcer l'identité nationale et la langue arabe. Le gouvernement met en œuvre une transition graduelle, intégrant davantage d'histoire marocaine et d'instruction en arabe dans tous les établissements, y compris ceux du cursus français. Cela a créé des tensions avec le modèle traditionnel du curriculum français.
L'incertitude affecte une part substantielle de la population étudiante. Selon l'Ambassade de France à Rabat, plus de 40 000 élèves étaient inscrits dans les écoles de la Mission française pour l'année scolaire 2024-2025. Parents et éducateurs ont exprimé des inquiétudes concernant de potentielles hausses de frais de scolarité, des pénuries d'enseignants et la reconnaissance à long terme des diplômes, alors que le système navigue ces réformes.
Si les deux nations ont affirmé leur engagement à maintenir un partenariat éducatif solide, les négociations pour un nouvel accord-cadre se poursuivent. Le résultat déterminera la structure future, le financement et l'orientation pédagogique de l'enseignement francophone au Maroc, avec des implications significatives pour les relations bilatérales et l'identité multilingue du pays.