Le Maroc a mis en œuvre d'importantes réformes de sa politique migratoire au cours de la dernière décennie, se positionnant comme un acteur clé sur le continent. Une initiative majeure a été le lancement de deux vastes campagnes de régularisation des migrants en situation irrégulière, en 2014 puis en 2016, qui ont accordé des titres de séjour à des dizaines de milliers de personnes, principalement originaires d'Afrique subsaharienne.
Ce changement de politique est largement analysé comme faisant partie d'un repositionnement stratégique plus large envers l'Afrique, porté par le roi Mohammed VI depuis le retour du Maroc au sein de l'Union africaine en 2017. Le royaume a depuis mené une offensive diplomatique et économique agressive, ouvrant des dizaines d'ambassades à travers le continent et devenant l'un des plus grands investisseurs africains en Afrique de l'Ouest.
Les experts relèvent que la gestion des flux migratoires est un aspect complexe de cette stratégie, qui doit concilier considérations humanitaires, sécurité intérieure et ambitions de leadership régional. Le Maroc fait face à des défis permanents, notamment la gestion de ses frontières et le statut des migrants en transit, tout en utilisant sa politique migratoire comme un outil de soft power et de solidarité panafricaine.