En août 2026, le paysage géopolitique de l'Afrique de l'Ouest connaît des évolutions majeures, le Sénégal et la Côte d'Ivoire surveillant de près les développements impliquant la France, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Alliance des États du Sahel (AES). L'AES, formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger en septembre 2023, a consolidé sa rupture avec la Cédéao, en se retirant officiellement en janvier 2025. Cela a créé une nouvelle dynamique dans la région, incitant des alliés traditionnels comme le Sénégal et la Côte d'Ivoire à réévaluer leurs positions.
La France, autrefois puissance militaire et économique dominante dans ses anciennes colonies, a réduit sa présence militaire dans la région. Les troupes françaises se sont retirées du Mali, du Burkina Faso et du Niger après des coups d'État et une montée du sentiment anti-français. En 2025, la France a également fermé ses bases militaires au Sénégal et au Tchad, signe d'un repli stratégique plus large. Cependant, la France conserve des liens économiques et diplomatiques avec des pays comme le Sénégal et la Côte d'Ivoire, qui n'ont pas rejoint l'AES.
Le Sénégal, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, a poursuivi une politique étrangère plus indépendante, mettant l'accent sur la souveraineté et la diversification des partenariats. En 2025, le Sénégal a signé un accord de coopération défensive avec l'AES, tout en maintenant un dialogue avec la France et la Cédéao. La Côte d'Ivoire, dirigée par le président Alassane Ouattara, est restée un allié clé de la France dans la région, mais a également exprimé son intérêt à servir de médiateur entre la Cédéao et l'AES pour restaurer l'unité régionale.
L'AES a proposé une confédération et travaille sur une force de sécurité conjointe et des initiatives économiques, notamment une monnaie commune et des projets d'infrastructure. Ces mesures suscitent des inquiétudes à Dakar et à Abidjan quant à une éventuelle fragmentation de l'Afrique de l'Ouest et à ses conséquences sur le commerce, la sécurité et les migrations. Les deux pays observent attentivement les progrès de l'AES, ainsi que le rôle évolutif de la France, pour ajuster leurs propres stratégies.
En août 2026, aucun réalignement formel n'a eu lieu, mais la situation reste fluide. Les analystes suggèrent que le Sénégal et la Côte d'Ivoire équilibrent leurs liens historiques avec la France face à l'influence croissante de l'AES, cherchant à maintenir la stabilité et à protéger leurs intérêts nationaux dans un ordre régional en mutation.