Alors que l'Europe est confrontée à des vagues de chaleur et à une pénurie d'eau de plus en plus intenses, un nombre croissant de recherches indique que l'Afrique du Nord est une source de stratégies d'adaptation pragmatiques. Des pays comme le Maroc, la Tunisie et l'Égypte ont depuis longtemps développé des solutions décentralisées à faible coût pour faire face aux conditions arides, offrant des leçons que les décideurs européens commencent à étudier.
Un domaine clé est la gestion de l'eau. Des techniques telles que l'irrigation goutte à goutte, la collecte des eaux de pluie et l'utilisation d'eaux usées traitées pour l'agriculture sont largement mises en œuvre en Afrique du Nord. Par exemple, Israël et la Jordanie ont été pionniers dans l'irrigation goutte à goutte avancée, et le Maroc a investi dans des usines de dessalement alimentées par l'énergie solaire. Ces méthodes sont maintenant testées dans les régions du sud de l'Europe comme l'Espagne et l'Italie, où la sécheresse est devenue une crise récurrente.
Une autre leçon réside dans la conception urbaine. Les villes d'Afrique du Nord ont traditionnellement utilisé des murs épais, des cours et des rues ombragées pour atténuer la chaleur extrême. Les adaptations modernes incluent des toits blancs et des espaces verts, qui sont intégrés dans la planification urbaine européenne pour réduire l'effet d'îlot de chaleur urbain.
Cependant, les experts mettent en garde contre une approche unique. Les contextes d'infrastructure et de gouvernance de l'Afrique du Nord diffèrent considérablement de ceux de l'Europe. Pourtant, le principe de base—s'adapter aux conditions locales avec des solutions simples et évolutives—résonne fortement. Alors que l'Union européenne met à jour sa stratégie d'adaptation au climat, elle se tourne de plus en plus vers la rive sud de la Méditerranée pour s'inspirer.