Le concept de corridors eurasiens a gagné en attention alors que les tensions géopolitiques et la fragmentation stratégique redessinent les routes commerciales mondiales. Des initiatives clés telles que l'initiative chinoise 'Ceinture et Route' (BRI) et le Corridor du Milieu, qui contourne la Russie via l'Asie centrale et le Caucase, sont réévaluées par les nations cherchant des chaînes d'approvisionnement diversifiées.
Selon des rapports récents de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et de la Banque asiatique de développement (BAD), le Corridor du Milieu a connu une augmentation significative des volumes de fret en 2025, en raison des sanctions contre la Russie et du besoin de routes alternatives. Cependant, les goulets d'étranglement infrastructurels et les retards douaniers restent des défis.
Parallèlement, l'Union économique eurasiatique (UEE) dirigée par la Russie continue de promouvoir ses propres projets d'intégration, bien que les volumes commerciaux aient été impactés par les sanctions occidentales. La fragmentation stratégique conduit à un paysage multipolaire où des puissances régionales comme la Turquie, l'Iran et l'Inde avancent leurs propres propositions de corridor, comme le corridor international de transport Nord-Sud (INSTC).
Des experts du Carnegie Endowment for International Peace notent que l'avenir des corridors eurasiens dépendra des négociations diplomatiques et des investissements dans les infrastructures. La concurrence entre ces routes reflète des rivalités géopolitiques plus larges, mais offre également des opportunités de coopération si les intérêts communs sont prioritaires.