La souveraineté économique ne se mesure pas au nombre d'entreprises publiques, mais à la capacité d'une nation à générer richesse, emplois, technologies et valeur ajoutée sur son territoire. Cette perspective déplace l'attention de la propriété vers les capacités productives.
Selon un rapport 2025 du Conseil d'analyse économique français, des pays comme l'Allemagne et la Corée du Sud ont atteint des niveaux élevés de souveraineté économique grâce à l'innovation du secteur privé et à la force des exportations, et non par le contrôle étatique. Par exemple, le Mittelstand allemand—les PME—représente plus de 50 % du PIB et assure le leadership technologique.
En France, le débat se concentre souvent sur la propriété publique des entreprises stratégiques, mais les données du ministère de l'Économie montrent que les entreprises privées contribuent à 85 % des dépenses nationales de R&D. La clé est de favoriser un écosystème qui soutient l'innovation, le développement des compétences et la compétitivité industrielle.
Les experts estiment que la souveraineté dépend aussi du contrôle des chaînes d'approvisionnement critiques, comme les semi-conducteurs et les terres rares. Le Chips Act de l'Union européenne, adopté en 2023, vise à doubler la part de production européenne de semi-conducteurs à 20 % d'ici 2030, réduisant la dépendance envers l'Asie.
En fin de compte, la souveraineté économique nécessite une approche équilibrée : une intervention étatique stratégique dans les secteurs clés, combinée à des politiques qui encouragent l'investissement privé, la recherche et la compétitivité mondiale.