De nouvelles recherches sur le paysage submergé du Doggerland, une région préhistorique aujourd'hui sous la mer du Nord, ont mis au jour des preuves de la présence de tilleuls (Tilia) il y a environ 10 000 ans. Cette découverte repousse d'environ 2 000 ans la première présence connue de ces arbres dans les îles Britanniques, indiquant que le Doggerland a connu un climat plus chaud plus tôt qu'on ne le pensait.
L'étude, menée par des chercheurs de l'Université de Bradford et de l'Université de Gand, a analysé des carottes de sédiments du fond de la mer du Nord. Ces carottes contenaient des grains de pollen anciens, y compris ceux de tilleuls, qui nécessitent des hivers doux et des étés chauds pour prospérer. La présence de ce pollen suggère que le Doggerland n'était pas une toundra stérile mais un paysage boisé au début de l'Holocène.
Le Doggerland reliait autrefois la Grande-Bretagne à l'Europe continentale avant que la montée du niveau de la mer ne l'engloutisse il y a environ 8 000 ans. La découverte de tilleuls précoces implique que cette masse terrestre a pu servir de refuge climatique ou de corridor de migration pour les espèces se déplaçant vers le nord à la fin de l'ère glaciaire. Les résultats ont été publiés dans le Journal of Quaternary Science.
Cette recherche fournit des informations cruciales sur la façon dont les écosystèmes ont réagi aux changements climatiques passés, offrant des leçons pour les efforts de conservation modernes. L'équipe prévoit de continuer à analyser des échantillons de sédiments pour cartographier toute l'étendue des forêts anciennes du Doggerland.