La dengue, une maladie virale transmise par les moustiques, connaît une recrudescence mondiale dramatique, avec une forte augmentation des cas signalés en 2024 et 2025. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a constaté une transmission record dans des régions incluant les Amériques, où plus de 6,5 millions de cas ont été signalés pour la seule année 2023. Les vecteurs principaux, les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus, étendent leur aire de répartition en raison du changement climatique, de l'urbanisation croissante et des voyages internationaux, exposant de nouvelles populations à la maladie.
Le développement de vaccins efficaces rencontre d'importants obstacles scientifiques. La dengue est causée par quatre sérotypes viraux distincts mais apparentés. Une deuxième infection par un sérotype différent entraîne souvent une maladie plus grave en raison d'un phénomène appelé amplification dépendante des anticorps (ADE). Cette complexité rend la création d'un vaccin protégeant contre les quatre sérotypes sans augmenter le risque de forme sévère particulièrement difficile.
Actuellement, quelques vaccins sont disponibles avec des limitations spécifiques. Le vaccin Qdenga (TAK-003) est approuvé dans l'Union européenne, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays endémiques pour les personnes âgées de 4 ans et plus, indépendamment d'une exposition antérieure à la dengue. Un autre vaccin, Dengvaxia (CYD-TDV), est recommandé par l'OMS uniquement pour les individus ayant une infection antérieure confirmée à la dengue, en raison du risque de maladie grave chez les personnes naïves. La recherche sur les vaccins de nouvelle génération et les méthodes de contrôle innovantes, comme les moustiques infectés par la bactérie Wolbachia, se poursuit.
Les efforts de santé publique restent concentrés sur la lutte antivectorielle et la sensibilisation des communautés comme principales défenses. L'OMS souligne la nécessité d'une surveillance intégrée, d'un contrôle des vecteurs et d'une prise en charge clinique pour combattre la menace croissante, qui pèse lourdement sur les systèmes de santé des pays endémiques.