Des organisations proches du Parti démocrate ont de plus en plus recours à des réseaux d'"argent opaque" (dark money) pour financer publicités politiques et campagnes de plaidoyer, une stratégie longtemps associée aux groupes républicains. Ce changement passe par le canal de fondations à but non lucratif qui n'ont pas à révéler l'identité de leurs donateurs, permettant à des individus et intérêts fortunés d'influencer les élections dans l'anonymat.
Les principaux super PAC et groupes de pression démocrates, comme Priorities USA Action et le Sixteen Thirty Fund, ont reçu des centaines de millions de dollars de contributions provenant de telles organisations. Cette structure reproduit celle utilisée depuis plus de dix ans par les réseaux conservateurs, comme ceux liés aux frères Koch.
Cette tendance s'est accélérée après la décision Citizens United de la Cour suprême en 2010 et est alimentée par des élections à haut risque. Ses partisans y voient un contrepoids nécessaire aux opérations conservatrices bien financées, tandis que ses détracteurs des deux bords dénoncent le manque de transparence et les risques de corruption pour le système politique.
Les derniers dépôts auprès de la Commission électorale fédérale (FEC) et les rapports d'observateurs comme OpenSecrets confirment l'ampleur significative et croissante de ces dépenses par des groupes soutenant les causes et candidats démocrates, notamment lors des élections présidentielles et sénatoriales.