L'Association des barreaux du Maroc (ABAM) a vivement condamné un amendement récemment adopté par la Knesset israélienne qui facilite l'application de la peine de mort à l'encontre de prisonniers palestiniens reconnus coupables d'actes de terrorisme. Dans un communiqué, l'ABAM a qualifié cette législation de "dérive grave" et d'acte de "terrorisme d'État", avertissant qu'elle pourrait aggraver les tensions régionales.
Cette loi, adoptée en lecture définitive fin mars 2026, modifie la législation israélienne antiterroriste pour permettre aux tribunaux d'imposer la peine capitale pour meurtres liés au terrorisme à la majorité simple. Ses partisans estiment qu'il s'agit d'une mesure dissuasive nécessaire, tandis que ses détracteurs, dont des groupes de défense des droits de l'homme, affirment qu'elle viole le droit international et pourrait être appliquée de manière discriminatoire contre les Palestiniens.
La condamnation de l'ABAM s'inscrit dans une critique internationale plus large. L'association marocaine a déclaré que la loi "légalise l'exécution" et bafoue les principes fondamentaux des droits de l'homme. Israël n'a pas procédé à une exécution civile depuis 1962, bien que des tribunaux militaires aient prononcé des peines de mort, aucune n'ayant été exécutée depuis des décennies.
Cette réaction diplomatique souligne les sensibilités régionales persistantes. Le Maroc a normalisé ses relations avec Israël en 2020 mais maintient son soutien à la cause palestinienne. La déclaration de l'ABAM reflète cet équilibre, critiquant la politique israélienne tout en s'inscrivant dans le cadre des relations bilatérales établies.