Le financement participatif gagne du terrain au Maroc en tant qu'outil stratégique pour les organisations de la société civile (OSC) afin de diversifier leurs sources de financement et renforcer leur indépendance. Selon un rapport de 2023 du ministère marocain de l'Économie et des Finances, les OSC au Maroc dépendent fortement des subventions publiques et des donateurs étrangers, ce qui peut limiter leur autonomie programmatique. Les plateformes de financement participatif, comme la plateforme marocaine 'Wafaa' lancée en 2020, offrent une alternative en permettant une collecte de fonds directe auprès des citoyens.
Une étude de 2024 de l'Observatoire marocain de la société civile a révélé que les campagnes de financement participatif au Maroc ont levé plus de 50 millions de dirhams marocains (environ 5 millions de dollars) depuis 2020, avec un taux de croissance annuel de 30 %. Ces fonds ont soutenu des projets dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la protection de l'environnement. Par exemple, la campagne 'Tibeh' en 2023 a levé 1,2 million de dirhams pour des équipements médicaux dans des cliniques rurales.
Cependant, des défis subsistent. Une enquête de 2025 de l'Association marocaine des plateformes de financement participatif a indiqué que 60 % des OSC manquent de compétences numériques pour mener des campagnes efficaces, et les cadres réglementaires sont encore en évolution. Le gouvernement marocain a adopté la loi 18-18 en 2022 pour réguler le financement participatif, mais sa mise en œuvre a été lente, avec seulement 15 plateformes agréées en juin 2026.
Malgré ces obstacles, le financement participatif est considéré comme une voie prometteuse pour que la société civile marocaine devienne plus autonome. Le rapport 2025 de la Banque mondiale sur 'La finance numérique en Afrique du Nord' a souligné le Maroc comme un leader régional dans l'adoption du financement participatif, avec un potentiel de réduction de la dépendance aux financements externes de 20 % d'ici 2030.