La pollution lumineuse, c'est-à-dire l'excès ou la mauvaise orientation de la lumière artificielle la nuit, est une préoccupation croissante pour les villes du monde entier. Selon une étude de 2016 dans Science Advances, 80 % de la population mondiale vit sous des cieux pollués par la lumière, et 99 % des personnes aux États-Unis et en Europe subissent un certain niveau de pollution lumineuse. Cela a incité les urbanistes à chercher des solutions.
En réponse, des villes comme Tucson, en Arizona, et Flagstaff, en Arizona, ont mis en place des réglementations strictes sur l'éclairage. Tucson a réduit sa pollution lumineuse de 7 % par an de 2011 à 2022 en passant à des lampadaires LED entièrement blindés qui dirigent la lumière vers le bas, selon l'International Dark-Sky Association. Flagstaff, désignée première ville internationale de ciel étoilé au monde en 2001, a maintenu son statut grâce à des réglementations limitant les intrusions lumineuses et l'éblouissement.
D'autres villes, dont Paris, en France, et Londres, au Royaume-Uni, ont adopté des politiques d'extinction des lumières pour les bâtiments après certaines heures. Paris, par exemple, exige que l'éclairage commercial non essentiel soit éteint entre 1 h et 6 h du matin, une mesure qui a réduit la consommation d'énergie de 30 % selon les responsables municipaux. Ces efforts visent à restaurer l'obscurité naturelle, cruciale pour la santé humaine, la faune et l'observation astronomique.
Les avantages de la réduction de la pollution lumineuse vont au-delà de l'observation des étoiles. Des études ont lié la lumière artificielle la nuit à des perturbations des rythmes circadiens, à un risque accru d'obésité, de dépression et de certains cancers. Pour la faune, la pollution lumineuse désoriente les oiseaux migrateurs, les tortues marines et les insectes. L'American Medical Association a approuvé l'utilisation de LED à température de couleur plus basse (3000K ou moins) pour minimiser les émissions nocives de lumière bleue.
En mai 2026, la tendance se poursuit, avec de plus en plus de municipalités adoptant les principes du 'ciel étoilé'. L'International Dark-Sky Association répertorie désormais plus de 200 lieux certifiés de ciel étoilé dans le monde, y compris des communautés, des parcs et des réserves. Bien que des défis subsistent, comme l'équilibre entre sécurité et obscurité, le mouvement pour reconquérir le ciel nocturne prend de l'ampleur.