Sebta, ville autonome espagnole sur la côte nord du Maroc, est une anomalie géopolitique où la géographie dicte la politique. Sa position, à seulement 14 kilomètres de la péninsule ibérique à travers le détroit de Gibraltar, en fait un point d'entrée principal pour les migrants tentant de rejoindre l'Europe. La ville est entourée par le Maroc sur terre, avec la mer Méditerranée de l'autre côté, créant une dynamique frontalière unique.
Selon le gouvernement espagnol, Sebta compte environ 85 000 habitants, mais elle fait souvent face à des afflux de migrants. En mai 2021, une traversée massive a vu environ 8 000 personnes nager ou patauger dans la ville depuis le Maroc, provoquant une crise diplomatique et un renforcement des contrôles aux frontières. Les enclaves espagnoles de Sebta et Melilla sont les seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Union européenne.
La géographie affecte aussi la vie quotidienne. Sebta est un port franc, et son économie repose largement sur le commerce avec le Maroc et l'UE. Cependant, les clôtures frontalières, renforcées de fil barbelé et de systèmes de surveillance, rappellent constamment la pression migratoire. En 2025, l'Espagne et le Maroc ont convenu de renforcer leur coopération en matière de gestion des frontières, notamment par des patrouilles conjointes et le partage de renseignements, afin de freiner la migration irrégulière.
Malgré ces mesures, des organisations de défense des droits de l'homme ont critiqué le traitement des migrants à la frontière, y compris les retours sommaires, que l'Espagne défend comme nécessaires à la sécurité nationale. La réalité géographique de Sebta signifie que la politique migratoire n'est pas seulement une question de droit mais de survie pour beaucoup qui risquent leur vie pour atteindre le sol européen.