Une étude récente publiée dans la revue Environmental Health Perspectives révèle que la population française présente des niveaux de cadmium dans les urines trois fois supérieurs à la moyenne européenne. La recherche, menée par l'Institut de veille sanitaire (InVS), a analysé les données de plus de 2 000 adultes et attribue ces niveaux élevés à l'utilisation d'engrais phosphatés riches en cadmium dans l'agriculture.
Le cadmium est un métal lourd toxique classé comme cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Une exposition à long terme peut entraîner des lésions rénales, une déminéralisation osseuse et un risque accru de cancer du poumon. L'étude note que les sols et les cultures français, en particulier le blé et les pommes de terre, contiennent des concentrations de cadmium plus élevées que dans d'autres pays européens.
L'Union européenne a fixé une limite de 60 mg de cadmium par kg de phosphore dans les engrais, mais la France a plaidé pour des limites plus strictes. En 2024, le gouvernement français a annoncé un plan visant à réduire le cadmium dans les engrais de 50 % d'ici 2030, mais sa mise en œuvre a été retardée en raison de l'opposition de l'industrie. Les auteurs de l'étude appellent à une action immédiate pour protéger la santé publique.