L'Algérie a intensifié son engagement diplomatique et sécuritaire dans la région du Sahel, se positionnant comme un médiateur clé et une force de stabilisation dans une zone confrontée à des insurrections djihadistes et à une instabilité politique. Son approche combine coopération antiterroriste, investissements économiques et médiation diplomatique, notamment au Mali et au Niger.
Le rôle historique de l'Algérie dans la médiation de l'Accord d'Alger de 2015 entre le gouvernement malien et les groupes séparatistes reste une pierre angulaire de sa politique sahélienne. Cependant, la mise en œuvre de l'accord est au point mort, et les coups d'État successifs au Mali ont redessiné le paysage politique, poussant l'Algérie à adapter sa stratégie.
Ces dernières années, l'Algérie a accueilli de nombreuses conférences régionales et participé à des efforts de coordination d'une réponse collective aux menaces sécuritaires. Elle a également fourni une aide humanitaire et une assistance au développement aux États sahéliens, visant à traiter les causes profondes de l'instabilité telles que la pauvreté et la marginalisation.
La position de l'Algérie est compliquée par son opposition aux interventions militaires étrangères, préférant des solutions menées par les Africains. Cette position l'a parfois mise en porte-à-faux avec d'autres acteurs internationaux, mais elle souligne la volonté algérienne de maintenir son autonomie stratégique et de protéger ses propres frontières contre les violences de débordement.
Alors que le Sahel continue de faire face à des crises multiformes, le rôle de l'Algérie en tant que stabilisateur restera crucial. Sa capacité à équilibrer les intérêts de sécurité nationale avec la coopération régionale façonnera l'avenir de sa profondeur stratégique au Sahel.