Les nations africaines riches en minéraux critiques opèrent un virage stratégique concerté, passant de la simple exportation de matières premières à la construction de capacités nationales de transformation et de raffinage. Cette démarche, souvent présentée comme une quête de souveraineté économique, vise à capter davantage de la chaîne de valeur du lithium, du cobalt, du graphite et des terres rares, essentiels à la transition énergétique mondiale. Des pays comme la République Démocratique du Congo, la Zambie et la Namibie mettent en œuvre des politiques pour encourager ou imposer une valorisation locale.
Cette tendance est motivée par le désir de créer des emplois, de favoriser le développement industriel et de réduire la vulnérabilité face à la volatilité des prix des matières premières. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est perçue comme un catalyseur potentiel, visant à créer un marché intégré plus large pour soutenir ces industries. Les partenariats internationaux, notamment avec l'UE et les États-Unis qui cherchent à diversifier leurs chaînes d'approvisionnement, se concentrent de plus en plus sur le soutien à cette valeur ajoutée locale.
Des défis majeurs subsistent cependant. La construction d'usines de transformation nécessite des investissements capitaux massifs, une infrastructure énergétique fiable et une expertise technique. Des préoccupations existent également concernant les normes environnementales des nouvelles raffineries et la concurrence avec les pôles de transformation mondiaux établis en Asie. Le succès de ce pivot stratégique dépendra d'un engagement politique soutenu, d'une gouvernance transparente et de l'obtention de conditions favorables dans les partenariats internationaux.