Vingt ans après le scandale du Probo Koala, où un navire affrété par la société néerlandaise Trafigura avait déversé des déchets toxiques à Abidjan, en Côte d'Ivoire, l'Afrique reste une cible pour le trafic illégal de déchets, selon des experts et des enquêtes récentes.
L'incident de 2006 a causé la mort d'au moins 15 personnes et a rendu malades des milliers d'autres, conduisant à un accord de 198 millions de dollars avec Trafigura. Malgré les réglementations internationales comme la Convention de Bâle, qui interdit l'exportation de déchets dangereux des pays riches vers les pays pauvres, l'application reste faible.
Des rapports récents du Programme des Nations Unies pour l'environnement et d'ONG comme Greenpeace indiquent que des cargaisons illégales de déchets électroniques, de plastiques et de déchets chimiques continuent d'arriver dans les ports africains, souvent étiquetées comme marchandises d'occasion. Une enquête de 2024 du Basel Action Network a révélé que jusqu'à 40 % des déchets électroniques exportés vers le Ghana et le Nigeria sont non fonctionnels et finissent dans des décharges informelles.
Les experts estiment que les causes profondes incluent la corruption, le manque d'infrastructures et le coût élevé de l'élimination des déchets dans les pays développés. L'Union africaine a appelé à des sanctions plus strictes et à une meilleure surveillance, mais les progrès sont lents.