L'Alliance des États du Sahel (AES), formée par les gouvernements dirigés par les militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, continue d'affirmer sa souveraineté et son éloignement des partenaires occidentaux traditionnels. Ce bloc, établi en septembre 2023, se présente comme un pacte de défense collective et de coopération face aux menaces sécuritaires et aux ingérences extérieures.
Cette quête de souveraineté absolue est cependant mise à l'épreuve par de dures réalités régionales. Les trois pays restent des épicentres d'une insurrection jihadiste sévère, la violence causant d'importants déplacements de civils et des pertes humaines. Leurs décisions d'expulser les forces françaises et internationales, et de prendre leurs distances avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ont compliqué la coordination sécuritaire régionale.
Sur le plan économique, les États de l'AES font face à des défis majeurs. Les sanctions imposées par la CEDEAO à la suite des coups d'État, bien que certaines aient été levées, combinées à l'instabilité interne, ont mis à rude épreuve leurs économies. Le projet de l'alliance de s'éloigner du franc CFA pour créer une nouvelle monnaie souveraine, le « Sahel », est un projet à long terme semé d'obstacles techniques et macroéconomiques, selon les analystes financiers.
Diplomatiquement, les gouvernements de l'AES se sont tournés vers des partenariats stratégiques avec la Russie, comme en témoigne le déploiement de personnel militaire et de contractuels russes. Ils ont également renforcé leurs liens avec d'autres nations critiques envers l'influence occidentale. Ce réalignement a remodelé le paysage géopolitique du Sahel, créant un nouveau front de compétition stratégique dans la région.