Des chercheurs étudient si un traitement révolutionnaire du cancer, la thérapie cellulaire CAR-T, peut être réutilisé pour traiter les cas graves de sclérose en plaques (SEP). Des essais cliniques de phase précoce, rapportés dans des revues comme Science Immunology et The Lancet Neurology, ont montré que cette thérapie peut épuiser les lymphocytes B de l'organisme, impliqués dans l'attaque auto-immune du système nerveux dans la SEP.
Dans ces études de petite taille, des patients atteints de formes agressives et résistantes aux traitements de la SEP ont vu leur maladie cesser de progresser et une réduction significative des lésions cérébrales après avoir reçu la thérapie CAR-T. Ce traitement, qui consiste à modifier génétiquement les lymphocytes T d'un patient pour cibler des protéines spécifiques, semble offrir une réinitialisation profonde et prolongée du système immunitaire.
Les experts soulignent toutefois qu'il s'agit de résultats préliminaires. La thérapie comporte des risques importants, notamment des effets secondaires graves comme le syndrome de libération des cytokines et une vulnérabilité prolongée aux infections due à l'épuisement des lymphocytes B. Des essais contrôlés plus vastes et à long terme sont nécessaires pour confirmer son innocuité et son efficacité dans la SEP avant qu'elle ne puisse devenir un traitement standard.
Cette recherche représente un changement important dans l'exploration de puissantes immunothérapies pour les maladies auto-immunes. Sans être un remède, la thérapie CAR-T offre une nouvelle voie potentielle pour les patients atteints de SEP très active qui n'ont pas répondu aux médicaments existants.