Pour certains amoureux des animaux, ce n'est pas l'image d'un chiot espiègle qui les pousse à adopter, mais celle d'un animal négligé, malade ou âgé ayant désespérément besoin de soins. Des femmes comme Sharon Ong ont témoigné avoir été touchées par des images bouleversantes d'animaux sur les réseaux sociaux, les incitant à ouvrir leur foyer à des animaux que d'autres pourraient ignorer. L'histoire d'Ong a commencé lorsqu'elle est tombée sur la photo d'un Shih Tzu dont le visage était entièrement recouvert de poils emmêlés, avec des yeux infectés à peine visibles.
Les animaux âgés et gravement malades sont parmi les plus difficiles à replacer dans les refuges du monde entier. Les animaux plus jeunes et en bonne santé sont généralement adoptés bien plus rapidement, laissant les animaux plus vieux ou chroniquement malades passer leur temps restant en chenil. Les défenseurs de l'adoption d'animaux seniors soulignent que ces animaux ont souvent des tempéraments plus calmes, sont déjà propres et forment des liens profonds avec leurs soignants.
La pratique consistant à accueillir ou adopter des animaux spécifiquement pour leur apporter du réconfort dans leurs dernières semaines ou derniers mois est parfois appelée « accueil palliatif » ou « accueil en hospice ». Les soignants dans ces situations acceptent que l'animal ne vive peut-être pas longtemps, mais privilégient lui offrir dignité, confort et compagnie en fin de vie. Les organisations de protection animale notent que cette forme de soins libère également des ressources dans les refuges pour d'autres animaux dans le besoin.
Les experts en bien-être animal et les adoptants soulignent que prendre soin d'un animal malade ou âgé, bien qu'émotionnellement exigeant, peut être profondément enrichissant. Le deuil qui suit la perte d'un tel animal est réel, mais de nombreux soignants rapportent que l'expérience renforce leur sens du but et leur engagement envers les causes de protection animale. Pour beaucoup, la décision d'adopter un animal senior ou malade n'est pas perçue comme un sacrifice, mais comme un privilège.